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GEO

Le GEO est-il l’avenir du SEO ?

Arthur Bordier

Le SEO (Search Engine Optimization) vise à améliorer le classement d'un site dans les moteurs de recherche pour que son contenu se distingue de la concurrence. Mais le contexte change : une part croissante des recherches d’information passe désormais par des interfaces qui répondent directement (assistants IA, chat, moteurs hybrides), sans forcément renvoyer vers un site.

En Europe, selon une étude menée par Sparktoro en 2024, 59,7 % des recherches Google se terminent sans clic : l’utilisateur obtient une réponse sans visiter de site externe. Cette statistique signifie que la recherche devient de plus en plus un espace de réponse, notamment via des résumés et synthèses intégrés directement sur le moteur de recherche.

Dans ce contexte, la question n’est plus seulement “comment être bien classé sur Google”, mais aussi “comment faire en sorte que ses informations soient sélectionnées et reprises par des moteurs d’IA générative”, y compris hors Google, dans des assistants IA et leurs réponses conversationnelles. 

1) SEO vs GEO

SEO : être trouvé (et cliqué)

Le SEO (Search Engine Optimization) regroupe les pratiques qui permettent à une page d’apparaître dans les résultats d’un moteur de recherche, puis d’obtenir le clic. Il repose sur deux piliers : la pertinence du contenu (répondre correctement à l’intention) et l’aspect technique. Concrètement, le SEO vise une logique simple : une requête → une liste de résultats → un clic vers un site.

GEO : être repris dans une réponse générée

Le GEO (Generative Engine Optimization) vise un autre objectif : rendre une information facile à sélectionner et à réutiliser par un modèle génératif (LLM) pour produire une réponse. Ici, l’utilisateur ne parcourt pas forcément une liste de liens : il pose une question complète et l’assistant synthétise une réponse à partir de plusieurs sources. 

Par exemple, à la question :
« Quelles sont les meilleures agences pour organiser un week-end de 3 jours à Rome, avec un budget moyen et des activités culturelles ? »
l’assistant répond en recommandant directement des marques (ex. Voyageurs du Monde, Jet Tours, Clio Voyages), avec un positionnement, des arguments et un budget indicatif.

Ces marques n’ont pas été “choisies” par l’utilisateur via un clic. Elles ont été sélectionnées par l’IA parce que, dans son mécanisme de réponse, elles ressortent comme pertinentes au regard de la demande (destination, durée, budget, angle “culturel”).
Le GEO, c’est la capacité à apparaître à cet endroit précis : dans la liste des options proposées par l’assistant, au moment où l’utilisateur se fait un avis parfois sans jamais ouvrir un site.

2) Contexte et tendance marché : pourquoi le GEO devient un sujet maintenant

La recherche bascule vers des interfaces qui “répondent”

L’utilisateur ne veut plus forcément parcourir des liens, il attend une réponse directe.
D’après un communiqué de Gartner publié en 2024, le volume de recherche sur les moteurs classiques pourrait baisser d’environ 25 % d’ici 2026, au profit des chatbots et des agents virtuels. Ce chiffre ne dit pas que Google “meurt”, mais qu’une partie des usages d’information et de comparaison se déplacent vers des interfaces conversationnelles (ChatGPT, Perplexity, Gemini, etc.).
Impact sur la question SEO vs GEO : si une partie de l’attention se déplace vers des assistants, la visibilité ne dépend plus uniquement d’un classement dans une liste de résultats, mais aussi de la capacité à être repris dans une réponse.

Google accélère la logique “réponse avant clic”

Dans un article publié par Google en 2025, l’entreprise explique le déploiement des AI Overviews (réponses générées dans Search) et indique observer environ +10 % d’usage sur les requêtes où ces réponses apparaissent. Autrement dit, quand Google propose une synthèse, les utilisateurs s’en servent davantage parce qu’elle réduit le besoin de naviguer entre plusieurs pages.
Impact sur la question SEO vs GEO : même dans Google, le “moment clé” se déplace : l’utilisateur lit une réponse synthétique avant de décider s’il clique. Être bien classé reste utile, mais ce n’est plus toujours le point de contact principal.

3) Comment fonctionne le référencement en SEO et en GEO

Référencement SEO : 

Le SEO repose sur des mécanismes mesurables. Même si Google ne publie pas sa formule exacte, il est possible d’objectiver les résultats : positions moyennes, impressions, taux de clic (CTR), pages indexées, erreurs de crawl, performance technique.

En pratique, cela permet une boucle d’amélioration relativement stable : publication, mesure, ajustement, progression. C’est ce qui rend le SEO pilotable dans le temps : l’algorithme reste opaque, mais ses effets sont observables et exploitables.

Il faut néanmoins rappeler que tous les moteurs de recherche n’utilisent pas exactement les mêmes critères ni les mêmes pondérations. Les principes généraux (pertinence, qualité du contenu, accessibilité technique) sont largement partagés, mais leur mise en œuvre varie selon les moteurs. Cela ne remet pas en cause la logique du SEO, mais explique pourquoi une performance peut différer d’un moteur à l’autre.

Référencement GEO : plus de variables, moins de certitudes

Le GEO obéit à une logique différente. Un modèle de langage ne classe pas des pages dans une liste : il construit une réponse en sélectionnant des passages jugés utiles, puis en les reformulant.
Cette sélection dépend de plusieurs variables, qui évoluent selon les outils et les contextes :

  • le modèle utilisé et ses mises à jour,
  • la politique de citation (présente ou non selon l’interface),
  • les sources accessibles,
  • le contexte exact de la question (plus elle est précise, plus la sélection est restrictive).

Pour comprendre plus précisément comment un modèle de langage fonctionne, vous pouvez lire notre article Comment fonctionne un modèle de langage IA ?

Une grande partie des “méthodes GEO” aujourd’hui relayées sont des bonnes pratiques plausibles, mais en aucun cas des garanties. Le GEO se travaille moins comme un réglage technique que comme un travail de structuration continue, complété par des tests réguliers.

Ce qui améliore probablement les chances d’être cité en GEO

Le fonctionnement des moteurs génératifs reste en partie opaque : il n’existe pas de critères officiels ni de garanties de reprise. En revanche, certains formats semblent augmenter la probabilité qu’un contenu soit sélectionné, car ils sont plus simples à interpréter et à intégrer dans une réponse générée.

On observe notamment une meilleure reprise lorsque les contenus proposent :

  • des réponses directes et explicites, évitant les formulations vagues ou génériques,
  • une structure claire (listes, étapes, tableaux), facilitant l’extraction de l’information,
  • des éléments vérifiables (définitions précises, critères, chiffres datés, conditions, limites),
  • un contenu spécifique, conçu pour répondre à une question précise plutôt qu’à un sujet trop large.

Point clé : ces éléments ne constituent pas des règles de référencement au sens SEO du terme, mais des hypothèses. Elles ne garantissent pas la reprise, mais réduisent le risque d’exclusion au moment où l’IA sélectionne les informations utiles pour formuler sa réponse.

4) Le GEO progresse, mais le SEO reste indispensable

Comme nous l’avons vu, le GEO prend une place croissante dans les usages de recherche. Une partie des requêtes se fait désormais directement dans des assistants IA, où l’utilisateur attend une réponse synthétique plutôt qu’une liste de liens. Dans ces situations, être repris comme source peut influencer la décision avant tout clic, voire sans clic.

Pour autant, cela ne remet pas en cause le rôle central du SEO. La recherche classique reste très utilisée, notamment pour naviguer, comparer ou identifier un site précis. Surtout, le SEO repose sur des indicateurs plus stables et mesurables (positions, trafic, conversions), alors que le GEO reste plus fluctuant, dépendant des modèles et des interfaces, avec moins de recul.

La bonne approche consiste donc à continuer à investir dans le SEO, tout en intégrant progressivement le GEO sur certains contenus ciblés, capables de répondre à des questions précises. Le GEO complète le SEO mais ne le remplace pas.

Conclusion

La tendance est claire, une part croissante de la recherche se fait dans des interfaces qui donnent directement la réponse, ce qui réduit mécaniquement la part de clics vers les sites. SparkToro montre qu’en Europe 59,7 % des recherches Google se terminent sans clic. Et lorsqu’une réponse générée apparaît, Seer Interactive observe une baisse importante du CTR organique sur les requêtes concernées. 

Concrètement : être bien classé reste utile, mais ne garantit plus automatiquement le trafic.

Pour autant, le GEO reste plus récent et moins “lisible” que le SEO. Les règles exactes varient selon les modèles, les interfaces et les politiques de citation : il n’existe pas encore de “recette” aussi stable que le SEO classique. 

La décision réaliste est donc simple : conserver un socle SEO solide (visibilité mesurable, recul, fondamentaux techniques) et ajouter une couche GEO sur les contenus qui comptent, en les rendant plus structurés, précis et facilement réutilisables dans des réponses générées. 

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